Même plus peur !

Publié le par Juliette

Même plus peur !

Hier, c’était donc le double spectacle de fin d’année à mon Ecole du One-Man-Show et, ne nous voilons pas la face, ce fut un triomphe ;-) Pourtant, c’était pas gagné ! Y’a encore une semaine, on était tout, sauf prêts. Faut dire que, maintenant, chacun veut produire son propre sketch ce qui prend deux fois plus de temps (écriture + jeu) et on est trop nombreux pour passer à chaque fois (seul moyen, à notre stade, d’être finalement opérationnel). Évidemment, comme par hasard, le proviseur a débarqué pour une interro surprise. On a tous eu droit à un zéro, un savon, plus deux heures de colle dimanche. Un mal pour un bien car on a révisé comme des malades pour faire honneur à toi, public !

L’expérience fut pour moi fort différente de la première fois, où j’ai joué dans un état second avec un seul objectif en tête : survivre ! Car si tout le monde semble penser « toi au moins, t’as pas peur sur scène », la vérité, c’est que je suis tétanisée. Avant de monter sur scène, je perds mes neurones et ma salive, il ne me reste plus qu’une boule dans la gorge et une bombe à retardement dans le cœur. Je voudrais que la terre m’engloutisse plutôt que de monter sur scène. On est donc loin, très loin, de la notion de plaisir.

Cette fois-ci, forte d’un baptême du feu plutôt réussi et d’un texte qui me collait à la peau, j’étais plus dans l’instant, moins angoissée, plus confiante. Pourtant, la première salle – que nous qualifierons pudiquement de « difficile » - n’avait rien pour me rassurer : peu de monde, peu de rires, peu d’énergie. Un vent glacial semblait sourdre de la fosse pour nous envelopper et nous pétrifier. Et pourtant, animé d’un courage héroïque et de la conscience aigüe du « bon ben, quand faut y aller, faut y aller », chacun de nous s’est jeté dans l’arène.

J’ai ainsi découvert le plaisir de sortir une salle de sa léthargie, de dérider les zygomatiques, d’ouvrir le robinet des rires dont ont profité même les copains passés derrière toi (paraît que j’ai « ambiancé une salle morte, quand même !!! »). Mon prof a dit que j’avais « cartonné » les deux fois, rajoutant un « comme quoi » révélateur du chemin parcouru. J'ai appris à faire court, plus court, encore plus court, à faire confiance à l'intelligence du public plutôt qu'à le barber en lui expliquant tout. J’ai aussi appris qu’on ne jouait jamais le même sketch (car on n’est jamais face au même public) et qu’à chaque représentation, le texte évolue, s’affine, se précise. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et c’est en jouant qu’on devient Show-girl ! Et qu’on trouve son public ! Car ce qui m’a frappé en sortie de salle, c’est le peu de consensus dans les préférences et les inimités des spectateurs « Machin, je suis trop fan », « Ah ? moi j’ai pas accroché », « Bidule, elle en fait vraiment trop », « Oh non, moi j’ai adoré, quelle énergie ! » etc. je suppose qu’en One-Man-Show, c’est comme dans la vie, on ne peut ni ne doit plaire à tout le monde !

Publié dans Mon One-Man-Show

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Nevrosia 10/07/2016 11:28

Bravo ! Je suis admirative de ton énergie, ta capacité à te renouveler sans cesse et vivre tes rêves pleinement. Bel été à vous tous

Jane Harries 29/06/2016 21:00

Well done Cathi! Sounds great. I can imagine you doing stand-up.

Juliette 04/07/2016 10:57

Thanks but still a long way to go before I'm abble to fully express my "inner clown" ;-)