Ringard, vous avez dit ringard ?

Publié le par Juliette

Ringard, vous avez dit ringard ?

Putain de niveau ! Hier, c’était la rentrée à mon école du One-Man-Show et toutes les conditions étaient réunies pour filer des complexes. Dans notre groupe supposé « loisir » (rappelons-le), y a ceux qui, avec seulement un an d’ancienneté comme moi, sont déjà quasiment prêts à monter leur spectacle. Ceux qui en un sketch et trois cours ont réussi à imposer un univers et un style efficace et personnel à la fois (oui, je parle de toi Guillaume !). Ceux qui ont une telle présence comique qu’ils n’ont qu’à monter sur scène et dire trois mots pour nous plier de rire. Ceux qui ont 5 sketchs d’avance écrits cet été ou des classeurs pleins d’idées. Et puis il y a ceux qui épatent par leur vision, leur projet, leur niveau d’ambition tel ce chercheur en physique nucléaire qui veut utiliser l’humour pour vulgariser la matière scientifique, ce baryton qui cherche à donner une nouvelle dimension à sa prestation scénique, cette informaticien/blogueuse qui s’interroge sur la manière d’utiliser l’humour pour du coaching en développement personnel (bon, elle, évidemment, je lui suis tout de suite tombée sur le palto).

Et il y à moi, un peu dépassée. Pas vraiment has been (encore eut-il fallu avoir été) mais un chouia ringarde, avec mes soucis matrimoniaux de quinqua ordinaire et mon interprétation à la Prosper-Youpla-Boums. Le genre de sketch dont on dit « ouais, c’est gentil… » alors que l’époque veut du corrosif. Mes profs me l’ont fait sentir à demi-mots à l’issue de ma dernière prestation qui à l’évidence n’a pas rencontré le public, amateur sans doute de prestations plus « sophistiquées ». Mon mari lui-même me l’a confirmé ce matin : Oui, l’écueil de la ringardise me guette (c’est beau, un conjoint qui vous soutient !). Sachant que « ringard » veut dire à la fois « mauvaise acteur » et « démodé », la perspective n’est pas réjouissante.

J’avoue que je suis passée par une grosse phase d’aquabonisme avant de me dire que finalement, cette prise de conscience peut me permettre d’éviter l’écueil. D’ajuster mon cap. Ainsi mon objectif sera-t-il cette année d’affuter mon jeu et d’injecter de la modernité dans mes sketchs, sans pour autant renoncer à mon personnage éminemment « populaire ». Je veux que ça continue à sentir le terroir, le vécu, mais pas le rance ou le ringue.

Retour sur un an de tribulations tragi-comiques à l’école du one man show ici (à lire dans l’ordre chronologique, du dernier au premier)

Publié dans Mon One-Man-Show

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