Sophie Embs, ma psychoratrice...

Publié le par Juliette

Qui n’a jamais rêvé de faire appel à une décoratrice d’intérieur ? Mais ça reste souvent de l’ordre du fantasme, comme le chirurgien esthétique. On est tenté mais on finit par se raisonner, estimant qu’une personne équilibrée et de bon goût (telle que nous) devrait pouvoir s’en passer. D’autant qu’on n’a pas vraiment de garantie de résultat, ne dit-on pas que les goûts et les couleurs ne se discutent pas ? Et n’a-t-on pas une flopée d’amies aspirantes décoratrices bénévoles qui se font un plaisir de donner leur avis, sans même avoir à le solliciter ?

Mais ça c’était avant. Avant que je ne rencontre, au hasard d’une navigation internet, un décoratrice, gabinienne comme moi, Sophie Embs. Dès le premier entretien téléphonique, elle m'a plu par sa disponibilité, son écoute, ses goûts, son parcours et la façon dont elle a su répondre à deux questions : Qu’est-ce que vous m’apportez de plus que les copines ? (déjà, être une professionnelle…). Quelle valeur ont donc vos conseils, alors que les goûts et les couleurs ne se discutent pas ? (mais ils peuvent s’argumenter, car il y a tout de même des règles pour harmoniser les styles, valoriser les espaces, optimiser les couleurs… )

 

Et l’occasion fit le larron. L’occasion c’était notre salon, ouvert depuis peu sur une extension, où mon mari rêvait de voir trôner un canapé d’angle… dans une pièce sans angle. Sachant qu’il y trône déjà un meuble de famille, une banquette antique convoitée depuis des années et que ma mère a enfin daigné me céder, nos désirs semblaient inconciliables. Tout comme nos goûts : moi j’aime les objets avec une âme, l’esprit brocante, les touches shabby chic, lui aime le neuf, le style moderne et épuré, considérant tout objet non indispensable comme un attrape-poussière.  

J’ai commandé à Sophie un package : La visite conseil de l’ensemble de la maison (c’est un peu le ticket d’entrée) plus une étude en 3D de la problématique salon (avec trois propositions). Lors de la visite conseil, elle a su valoriser mes goûts, tout en pointant mes fautes de goût. Elle ne s’est pas pour autant posée en chantre du bon goût, seule détentrice de la vérité vraie. Elle a rebondi sur mes idées, tout en m’en proposant de nouvelles, sans omettre d’expliquer le pourquoi du comment. Et elle m’a envoyé avec le compte-rendu toute une liste d’adresses et de bons plans pour faire ensuite mon shopping déco (sachant qu’elle propose aussi des « journées shopping » où elle vous accompagne pour tout choisir, des robinets aux placards).

Mais là où elle a transcendé sa fonction de décoratrice pour devenir psychoratrice, prenant en compte aussi bien les besoins exprimés que les besoins cachés, c’est dans la gestion de la problématique salon. Je lui ai quand même écrit : « Je serais bien tentée de vous demander un projet alternatif sans la banquette mais comme je ne suis pas prête à y renoncer et qu’elle ne va nulle part ailleurs - sauf si vous avez une idée qu'on n'aurait pas eue -, j'ai peur qu'un tel projet ne fasse que remuer le couteau dans la plaie et alimenter la plainte de mon mari "bouhhh à cause de ma femme, je n'aurais jamais le canapé de mes rêves..." Idéalement, il faudrait un projet qui lui permette de comprendre POURQUOI cette banquette est une valeur ajoutée et POURQUOI un canapé moderne, surtout d'angle, serait moins bien. »

Rooo, oui, OK, je suis une manipulatrice, mais là n’est pas la question. Ce qui est dingue, c’est que Sophie a QUAND MÊME fait un projet avec canapé d’angle (en switchant la banquette avec la méridienne du bureau). Et, contre toute attente… c’est celui que j’ai préféré. En fait, j’ai compris à travers les plans de Sophie, que cette banquette me ressemblait : Elle avait de l’allure et beaucoup de personnalité mais elle était envahissante et, à côté d’elle, plus rien n’existait.

 

Quelques mois ont passé depuis et nous donnons peu à peu vie au plan de Sophie et à ses idées, qui s’imposent par leur pertinence même si je ne les prends pas toutes. J’ai compris qu’il fallait jouer avec les pleins et les vides mais j’ai bien trop peur du vide pour ne pas continuer à jouer avec les pleins et les pleins. Mais ce que j’aime le plus avec Sophie, ce qui n’a pas de prix, c’est ce sentiment d’avoir « ma décoratrice », dédiée à mon projet et à mes pulsions d’achat. Sophie se positionne comme « créatrice d’inspiration », avec moi, elle est (trop) servie. Je lui soumets chaque idée et elle me donne inlassablement son avis, ses conseils, son aval ou pas... Alors que, soyons honnête, je n’ai pas souscrit de service après-vente de type téléphone rouge qui m’autorise à le faire. Que voulez-vous, c’est ma psy en déco, je ne peux plus m’en passer. Et comme ma décoration intérieure touche à sa fin, je n’aurais bientôt plus qu’un recours pour continuer à échanger avec elle : acheter une autre maison !

Publié dans Home - sweet Home

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tilk 20/12/2017 10:44

j'aime beaucoup ce nom de psychortatrice .....
tilk